Quand la colère déborde

Une colère d’enfant monte dans le corps avant d’arriver aux mots : la mâchoire se serre, les poings se ferment, le ventre chauffe. Le travail consiste à lui apprendre à repérer ces signaux assez tôt, puis à disposer d’un geste pour décharger l’élan autrement qu’en criant ou en tapant.

Ce que les parents décrivent

  • Des crises qui montent en quelques secondes, sans prévenir
  • Des mots qui dépassent, des objets jetés, parfois des coups
  • Un enfant qui ne se souvient pas bien de ce qui s’est passé
  • Beaucoup de chagrin ou de honte juste après
  • Des parents épuisés, qui finissent par crier à leur tour

Ce qui se joue

Le corps part avant la pensée

Chez un enfant, la partie du cerveau qui freine se construit lentement, jusqu’à l’adolescence et au-delà. Lui demander de se calmer au moment de la crise revient à lui demander un outil qu’il n’a pas encore.

La colère dit qu’il y a quelque chose d’important

Elle signale une limite franchie, une injustice, un besoin. Le but n’est pas de la faire disparaître, mais qu’elle cesse de tout emporter sur son passage.

L’élan doit sortir avant qu’on puisse souffler

Demander de respirer à un enfant dont le corps est encore chargé ne marche pas. On décharge d’abord par le mouvement, on souffle ensuite. L’ordre compte.

Un exercice à essayer

Faire sortir les étincelles

À faire à froid, plusieurs fois, quand tout va bien. Un geste ne s’apprend pas pendant la crise, il s’apprend avant.

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    Le corps d’abord

    Debout, s’il le veut. Ses pieds sont posés par terre. Il peut sentir le sol qui le tient.

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    Le geste

    Serrer les poings très fort, monter les épaules jusqu’aux oreilles. Garder. Puis tout lâcher d’un coup, en soufflant par la bouche. Trois fois, à son rythme.

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    Ce qui reste

    Une main sur le ventre. Il peut regarder ce qui a changé. Peut-être que c’est plus calme, peut-être pas encore. Les deux vont bien.

Pour finir, il peut bâiller, grimacer, s’étirer. Et rouvrir les yeux quand il le souhaite, à son rythme.

Questions fréquentes

Mon enfant tape, est-ce qu’il faut le punir ?
La sanction pose la limite, elle n’apprend pas à faire autrement. Les deux sont nécessaires et ne s’opposent pas. Ce qu’un accompagnement ajoute, c’est un geste de rechange que l’enfant peut employer à la place, et qu’il faut avoir répété à froid pour qu’il serve à chaud.
À partir de quand faut-il s’inquiéter des colères ?
Quand elles durent très longtemps, se répètent plusieurs fois par jour bien après 6 ans, mettent l’enfant ou les autres en danger, ou s’accompagnent d’un changement net de comportement. Dans ces cas, le premier interlocuteur est le médecin traitant, qui saura vers qui orienter.
Est-ce que c’est de ma faute ?
Non. Un tempérament, un âge, une période de fatigue, une bascule dans la famille suffisent à faire monter les colères. La question utile n’est pas d’où ça vient, mais ce qu’on peut poser maintenant pour que les crises soient moins longues et moins violentes.
Combien de séances pour voir quelque chose ?
Aucun délai ne peut être promis. Ce que les parents remarquent en premier, souvent, n’est pas la disparition des crises mais le fait que l’enfant sait dire ce qui lui arrive, et qu’il redescend plus vite. Le rythme se décide au premier échange.