Les nuits qui ne viennent pas

Un enfant ne s’endort pas parce qu’on le lui demande : il s’endort quand son corps a ralenti et qu’il se sent en sécurité. Le travail porte sur ces deux points, avec un rituel court et toujours identique, et un exercice qu’il peut refaire seul si la nuit le réveille.

Ce que les parents décrivent

  • Une heure ou plus pour s’endormir, tous les soirs
  • Des appels répétés : un verre d’eau, un câlin, une question
  • La peur du noir, ou celle d’être seul dans la chambre
  • Des réveils au milieu de la nuit, et un lit parental qui se remplit
  • Des cauchemars dont il se souvient très bien le matin

Ce qui se joue

Le soir, tout revient

Le coucher est le premier moment sans activité de la journée. Ce qui n’a pas été dit remonte à ce moment-là, et c’est pour cela que les angoisses arrivent souvent à l’endormissement.

Le corps a besoin de descendre par étapes

Passer d’un écran ou d’un jeu au silence total est un saut trop grand. Le relâchement se conduit du haut vers le bas, zone par zone, comme dans les protocoles adultes du cabinet.

La régularité vaut mieux que la durée

Un rituel de dix minutes toujours identique fait davantage qu’une longue séance improvisée. Ce qui rassure un enfant, c’est de savoir exactement ce qui vient ensuite.

Un exercice à essayer

Le chemin du soir

Dans le lit, lumière déjà basse. On descend le long du corps, sans rien forcer.

  1. 1

    Le corps d’abord

    Allongé. Sentir le poids de la tête dans l’oreiller, puis celui du dos sur le matelas. Le lit le porte, il n’a rien à tenir.

  2. 2

    Le geste

    Descendre lentement : le visage, la nuque, les épaules, les bras, le ventre, les jambes, les pieds. À chaque étape, un souffle qui sort plus long qu’il n’est entré.

  3. 3

    Ce qui reste

    Il peut repenser à un endroit où il se sent bien, un vrai ou un inventé, et y rester aussi longtemps qu’il le souhaite.

Pour finir, il peut bâiller, grimacer, s’étirer. Et rouvrir les yeux quand il le souhaite, à son rythme.

Questions fréquentes

À quelle heure un enfant devrait-il se coucher ?
Moins que l’heure exacte, c’est la régularité qui compte : le même enchaînement, aux mêmes horaires, y compris le week-end autant que possible. Un décalage de plus d’une heure ou deux le samedi suffit à défaire ce qui a été gagné dans la semaine.
Et les écrans le soir ?
Ils retardent l’endormissement par la lumière et par l’excitation. La règle la plus tenable est de les arrêter au moins une heure avant le coucher, et de les sortir de la chambre. C’est souvent le seul changement qui produit un effet visible en quelques jours.
Cauchemars ou terreurs nocturnes, quelle différence ?
Après un cauchemar, l’enfant se réveille, cherche du réconfort et se souvient. Lors d’une terreur nocturne, il crie ou s’agite sans être réveillé, ne vous reconnaît pas, et n’en garde aucun souvenir. Les terreurs nocturnes répétées méritent d’en parler à votre médecin.
Faut-il le laisser venir dans notre lit ?
C’est votre décision, et elle dépend de ce que vous pouvez tenir. Ce qui aide, c’est qu’elle soit stable : une règle qui change chaque nuit entretient les appels. Si vous choisissez de raccompagner, faites-le de la même façon à chaque fois, avec le moins de mots possible.