Oser lever la main, oser essayer

La confiance ne se décrète pas et ne s’apporte pas de l’extérieur : elle se construit sur des expériences réussies dont l’enfant se souvient. Le travail consiste à lui faire remarquer ce qui a marché, à l’ancrer dans son corps, et à lui donner de quoi se poser avant un moment qui l’impressionne.

Ce que les parents décrivent

  • Il connaît la réponse mais ne lève jamais la main
  • Il abandonne dès que c’est difficile, parfois avant d’avoir essayé
  • « J’y arriverai pas », « je suis nul », dits sans colère, comme une évidence
  • Il se compare en permanence, et toujours à son désavantage
  • Un exposé ou une récitation devient une épreuve pour toute la famille

Ce qui se joue

Le corps se ferme avant la pensée

Épaules rentrées, souffle court, regard qui fuit. Cette posture entretient le sentiment d’être petit. La déplier ne suffit pas à donner confiance, mais elle rend l’essai possible.

Ce qui a réussi ne se retient pas tout seul

Un enfant qui manque de confiance oublie ses réussites et retient ses échecs. Une bonne part du travail consiste simplement à l’aider à remarquer, puis à mémoriser, ce qui s’est bien passé.

Les encouragements ne suffisent pas

« Tu es capable » venant d’un parent est reçu comme une gentillesse, pas comme une preuve. Ce qui compte, c’est une expérience vécue par lui, ressentie dans son corps, et qu’il peut retrouver.

Un exercice à essayer

Garder la lumière

À faire le soir, après une journée où quelque chose a marché, même une petite chose.

  1. 1

    Le corps d’abord

    Debout. S’étirer, monter les bras aussi haut qu’il veut. Il peut bâiller si ça vient.

  2. 2

    Le geste

    Se souvenir du moment. Où est-ce que ça se sent, dans lui ? Peut-être la poitrine, peut-être les jambes. Prendre le temps de regarder.

  3. 3

    Ce qui reste

    Lui donner son nom : « ça, c’est quand j’ai réussi ». Il pourra revenir le chercher avant un moment qui l’impressionne.

Pour finir, il peut bâiller, grimacer, s’étirer. Et rouvrir les yeux quand il le souhaite, à son rythme.

Questions fréquentes

Timidité ou manque de confiance, est-ce la même chose ?
Non. La timidité est un tempérament : elle demande du temps pour entrer en relation, sans souffrance particulière. Le manque de confiance porte sur la valeur qu’on se donne et s’accompagne souvent de découragement. Un enfant timide n’a pas forcément besoin d’aide, un enfant qui se dévalorise oui.
Faut-il le pousser à s’exposer ?
Par petites marches choisies avec lui, oui. Le jeter dans le grand bain confirme surtout sa peur. Une progression fonctionne quand chaque étape est un peu inconfortable et jamais insurmontable, et quand la réussite est remarquée juste après.
Que dire quand il se traite de nul ?
Contredire frontalement ferme la conversation. Il est plus utile de séparer le fait de la personne : ce n’est pas « je suis nul », c’est « cet exercice ne marche pas encore ». Puis de lui rappeler une chose précise qu’il a réussie, faits à l’appui.